En Français | Montréal, Québec

Un jour, quand nous dirons: “C’était le temps du soleil,
Vous souvenez-vous, il éclairait la moindre ramille,
Et aussi bien la femme âgée que la jeune fille étonnée,
Il savait donner leur couleur aux objets dès qu’il se posait,
Il suivait le cheval coureur et s’arrêtait avec lui,
C’était le temps inoubliable où nous étions sur la Terre,
Où cela faisait du bruit de faire tomber quelque chose,
Nous regardions alentour avec nos yeux connaisseurs,
Nos oreilles comprenaient toutes les nuances de l’air
Et lorsque le pas de l’ami s’avançait nous le savions,
Nous ramassions aussi bien une fleur qu’un caillou poli,
Le temps où nous ne pouvions attraper la fumée,
Ah! c’est tout ce que nos mains sauraient saisir maintenant.”

Some day we will be saying: “That was the time of the sun,
Do you remember its light fell on the slightest twig,
The elderly woman or young astonished girl,
As soon as it touched it gave their color to things,
Kept pace with the galloping horse and stopped when he did,
That unforgettable time when we were still on Earth,
Where if we dropped something it made a noise,
We would look around us with our knowing eyes,
And our ears would catch the slightest nuance in the air
When the footsteps of a friend approached, we knew,
We used to gather flowers or smooth pebbles,
At that time we never could take hold of smoke,
Ah! What else can our hands do for us now?”

—Jules Supervielle, “Le Regret de la terre”

Camera: Mamiya 645AF
Film: Kodak Portra 800 and 160, Tri-X 400 pushed to 1600